L'artiste… Charles Schulz
(1922-2000) L'humoriste le plus recherché de l'histoire, admiré
par un public de 355 millions de lecteurs dans 75 pays : ses dessins
étaient publiés dans 2 600 journaux, dans non moins
de 21 langues ! Schulz a publié plus de 1 400 livres, remporté
les prix Peabody et Emmy pour ses animations spéciales et inspiré
la comédie musicale la plus produite du théâtre
américain, " You're A Good Man, Charlie Brown ".
Tout
ce succès prend naissance en 1950, année de la publication
par United Features des premiers " Peanuts ". Cinquante
années durant, Charlie Brown, Snoopy, Linus, Lucy et le reste
de la bande se sont faits le reflet du commentaire social et de l'humour
souvent amer de la génération d'après-guerre.
L'approche rafraîchissante de Schulz, sa perspective de la psychologie
à travers l'expérience, l'évaluation et, finalement,
le jugement d'enfants, faisaient rire aux éclats. La B.D. hurlait
son message à l'innocence dissimulée sous le cynisme
des adultes… Puis, quelques heures avant la publication de sa
dernière bande dans les journaux du dimanche, " Sparky
" s'est éteint dans la nuit.
Enfant
unique de parents dévoués mais sans instruction formelle,
Schulz s'est délecté, toute sa carrière durant,
des souvenirs simples de son enfance. Doué d'une intelligence
supérieure, il a grandi, solitaire, sans trop d'amis. À
20 ans, trois jours après le décès de sa mère,
il était envoyé au front, en Europe. Il ne se remit
jamais du choc, et la mélancolie l'accompagna jusqu'à
la fin de ses jours. Charlie Brown était l'alter ego de Schulz.
Ils sont restés, tous deux, profondément isolés.
La brillante
architecture des lignes à l'encre de Schulz sont le produit
d'une pression inconstante de la plume. Le flux de l'encre en est
variable, et le trait en acquiert mouvement et vie. Examiné
de près, le trait de Charles Schulz rappelle, artistiquement
parlant, l'expressionnisme abstrait des années 1940 et 50.
Schulz a été salué, certes, de son vivant, mais
moins en sa qualité d'artiste que d'humoriste. L'œil ne
peut s'empêcher d'admirer pourtant, dans cette exposition, la
beauté des lignes. Cette collection nous vient de Ted Long,
ami et collègue de l'artiste, qui en avait acquis les pièces
vers la fin des années 1970.