Bellum Castellum,
une forteresse imprenable
L’histoire du Château de Belcastel
L’histoire de cette forteresse médiévale débute au VIIIe siècle, lorsque les villageois de Belcastel, qui ne portait pas encore ce nom, érigent une chapelle préromane pour y pratiquer leur culte. Au milieu du Xe siècle, Oldoric Ier de Panat fait construire un mur d’enceinte pour protéger la chapelle et les habitants. Les siècles suivants voient l’extension progressive de ce noyau fortifié. Ainsi naît le château aveyronnais, Bellum Castellum, le “château de guerre” et non un “beau” château, comme le suggérerait son nom aujourd’hui.
Du pouvoir féodal aux guerres de territoire
Du Xe au XIVe siècle, les seigneurs de Belcastel prospèrent et étendent leur influence dans le Quercy. La forteresse prend alors tout son sens militaire : elle traverse les conflits de l’époque jusqu’à la guerre de Cent Ans, période au cours de laquelle elle change plusieurs fois de mains. De la famille Belcastel à Jean II d’Armagnac, en passant par Édouard III, roi d’Angleterre, et de Charles V, roi de France. Le château deviendra finalement, en 1393, propriété de Guillaume de Saunhac, fidèle écuyer et chevalier des comtes d’Armagnac.
Une forteresse jamais prise
Fait remarquable : dans son histoire, jamais le château ne fut pris par des assaillants. Sa position géographique et ses défenses résistèrent même aux troupes du roi, incapables de déloger les routiers qui l’occupèrent pendant près de 20 ans lors de la guerre de Cent Ans.
Âge d’or et abandon progressif
Après les tumultes de ce conflit centenaire, les Saunhac marquent leur puissance et leur richesse en renforçant et modernisant la forteresse d’une part et en construisant le pont et l’église du village d’autre part. Mais en 1615, Marie de Saunhac, baronne et dernier seigneur de Belcastel, décède au château à 85 ans. Sa fille Florette, mariée au marquis de Bournazel, préfère alors vivre dans le château Renaissance de son époux. Belcastel perd de sa puissance et est progressivement abandonné, entrant alors dans un lent déclin.
Du pillage à l’oubli
Épargné par la Révolution française, le château reste à l’abandon jusqu’au XIXe siècle, lorsque Rose Acquier, une habitante du village, l’achète pour en faire une carrière de pierre.
Ses clients extraient des pans entiers de belles pierres et laissent des plaies béantes. Au début du XXe siècle, la façade ouest s’effondre dans un énorme fracas. C’est le début de la fin. Le démantèlement se poursuit jusqu’en 1928, année durant laquelle le Ministère français de la Culture inscrit la forteresse au patrimoine des Monuments Historiques. Mais le château reste livré à lui-même pendant les 46 années qui suivirent, envahi par la végétation et devenant un terrain de jeu pour les enfants du village.
La renaissance de Fernand Pouillon
En 1973, Fernand Pouillon, le célèbre architecte français, découvre les vestiges du Château de Belcastel. Séduit par le lieu, il met son inspiration et son génie au service de la forteresse et entreprend une restauration spectaculaire, uniquement avec des techniques médiévales, pendant 8 ans. Le château devient sa résidence privée. Il y décède en 1986.
Un lieu vivant et culturel
En 2005, Catherine Sayens, la compagne de Fernand Pouillon, cède le château à Heidi Leigh et Nick Leone, qui l’ouvrent au public et y organisent expositions et événements culturels. Puis, en 2025, Éric et Valérie Girard rachètent le château, décidés à poursuivre cette vocation artistique et patrimoniale tout en maintenant l’accès au public.
| Date | Événement |
|---|---|
| Vers 750 | Construction de la chapelle préromane |
| 940 | Oldoric 1er de Panat, fondateur du premier château de Belcastel |
| 1031 | 1ère mention du château dans un acte notarié concernant Umbert de Belcastel, son seigneur |
| 1208 | Croisade contre les albigeois. Les Belcastel, catholiques, sont engagés dans cette croisade qui durera près d’un siècle |
| 1247 | Guillaume de Saunhac, ancêtre de la famille Saunhac, est Grand Maitre des templiers de 1248 à son décès en 1250 |
| 1286 | Philippe le Bel acte que Flotard de Belcastel partage la propriété du château avec au moins 9 autres propriétaires |
| 1349 | Umbert de Belcastel, chanoine d’Albi, demande à être enterré dans la chapelle basse préromane |
| 1386 | Le château est la propriété du Roi de France |
| 1391 | Jean III d’Armagnac donne la seigneurie et le château à Guillaume de Saunhac pour service rendus à la couronne et plus particulièrement pour son rôle dans le départ des routiers qui occupaient le château depuis plus de 20 ans. |
| 1398 | Bernard VII d’armagnac confirme cette donation à Alzias 1er de Saunhac |
| 1420 | Alzias fait construire le pont et l’église de Belcastel |
| 1420-1615 | Les Saunhac prospèrent et deviennent une des familles les plus puissantes du Rouergue |
| 1600 | Marie de Saunhac donne le château en dot à sa fille, Florette, qui se marie avec le marquis Buisson de Bournazel |
| 1615 | Marie de Saunhac décède au château à l’âge de 85 ans. Abandon progressif du château |
| 1810 | Rose Acquier achète le château aux héritiers de Bournazel pour en faire une carrière de pierre |
| 1926 | La famille Lapeyre achète le château et 6 maisons à Belcastel |
| 1928 | Inscription du château au patrimoine des monuments historiques |
| 1973-1986 | Fernand Pouillon acquiert le château pour en faire sa demeure privée. Il le rénove pendant 8 ans. Il y décède le 24 juillet 1986 |
| 1986-2005 | Sa dernière compagne, Catherine Sayens, hérite du château et le revend en 2005 |
| 2005-2025 | Heidi Leigh et Nick Leone, son époux, achètent le château et décident de l’ouvrir au public. Durant toutes ces années ils y organisent des manifestations culturelles |
| 2025 | Valérie et Eric Girard se portent acquéreurs du château et décident de le laisser ouvert au public et de poursuivre sa vocation à accueillir des manifestations artistiques et culturelles. |